Passage de Choiseul

15 septembre 2013

Passage de Choiseul :plan 2008
Longueur 190 m, largeur 3.9 m.
Passage Sainte-Anne :
Longueur 47 m, largeur 2.85 m. mais des réduits ont été installés et la largeur s’en trouve réduite.

Ouvert tous les jours de 8 h à 20 h sauf le dimanche.

Inscription ISMH le 7 juillet 1974 : Passage en totalité, façades et toitures sur rues des immeubles 23, rue Saint-Augustin, 40, rue des Petits-Champs, 6-46, rue Dalayrac et 59-61, rue Sainte-Anne, comportant les entrées des deux passages.


 

Les banquiers Mallet frères et Lemercier de Nerville achetèrent, en 1824, pratiquement, le quadrilatère comprit entre les rues Gaillon, Neuve de Saint-Augustin, Sainte-Anne et Neuve des Petits-Champs. Dans ce quadrilatère on trouvait :
- L’hôtel de Gesvres, 23 rue Neuve Saint-Augustin, qui a été construit vers 1655, par Lepautre, pour Joachim Seighere de Boisfranc, intendant des finances du duc d’Orléans. A sa mort l’hôtel revint à son gendre, marquis de Gesvres, qui le convertit en un tripot où l’on jouait de fortes sommes au pharaon et au lansquenet. Ce fut le plus célèbre sous la Régence. Il a été ensuite loué au comédien Poisson qui y mourut en 1739. En 1755 l’hôtel passa à une dame Peilhan.
- Le couvent des Nouvelles catholiques, 59-63 rue Sainte-Anne, s’installa à cet emplacement en 1672. Il avait pour but l’éducation religieuse des protestantes converties.

Hotel de Lionne
- L’hôtel de Lionne-Pontchartrain, 44 rue Neuve des Petits-Champs, qui a été construit pour le marquis de Lionne, ministre des affaires étrangères de Louis XIV, en 1661 par l’entrepreneur Michel Villedo sur des plans de Le Vau. Il appartint ensuite au duc d’Estrées puis, à partir de 1703, aux Phélyppeaux de Pontchartrain. L’hôtel, après un échange immobilier avec le roi, devint, de 1748 à 1756, l’une des résidences des ambassadeurs extraordinaires puis le siège du Contrôle général des finances. En 1791 il fut cédé au ministère de l’intérieur et il retourna au ministère des finances en 1800.
- L’hôtel Langlée, 46-50 rue Neuve des Petits-Champs, construit en 1682, par Gérard Huguet pour Claude Langlée. Sa nièce le vendit, en 1708, à Claude Le Bas de Montargis. Law l’acheta en 1718 et l’échangea’ en 1720, contre l’hôtel Tubeuf appartenant au duc Paul-Jules de Mazarin. Cet hôtel fut loué, en 1738, à René Herault puis en, 1741, au comte de Coigny. L’hôtel fut vendu en 1758 au financier Pâris de Montmartel qui le légua, en 1766, à son fils, marquis de Brunoy. Le duc d’Orléans l’acheta en 1782 pour sa fille, duchesse de Bourbon, le lui reprit en 1788 pour le vendre à Simon Le Normant qui le céda aussitôt à l’état.

Leur intention est de percer une rue dans le prolongement de la rue Ventadour et de l’encadrer par deux passages. Pour cela ils rasent les hôtels sauf un corps de bâtiment de l’hôtel de Gesvres dont le porche servira d’entrée au passage de Choiseul. Nom qu’il prend du fait qu’il prolonge la rue de Choiseul. Les travaux commencent en 1825. L’élargissement de la rue Ventadour en 1826 va les obliger à changer leur projet. Le 8-10-1826 une ordonnance royale les autorise à percer, dans le prolongement de la rue Ventadour ce qui deviendra en 1829 les rues Méhul, Dalayrac et Marsollier qui forment une place sur laquelle, conformément à la réglementation en vigueur pour les bâtiments publics importants, on construira un théâtre pour l’Opéra Comique qui cherche une salle et enfin la rue Monsigny. La construction du passage de Choiseul se poursuit sous la direction de l’architecte Antoine Tavernier qui succède à l’architecte concepteur François Mazois décédé. Il sera livré au public en 1827. Le deuxième passage, dont un tronçon a déjà été construit, sera remplacé par un immeuble à la fin du XIXe siècle. Le passage Sainte-Anne, percé à travers le couvent des Nouvelles Catholiques, se raccordera au passage de Choiseul en 1829. On envisage de créé son pendant vers l’ouest jusqu’à la rue Gaillon mais ce projet ne verra pas le jour.

porche Ste-Anne-2013     mur passage Ste-Anne 02      Motif_du_passage_Ste_Anne_copie

En entrant par la rue Sainte-Anne, le passage Sainte-Anne possède, sur le coté droit, un mur qui, par sa décoration, dénote avec le reste du passage sans intérêts. Il est actuellement complètement désert.

hotel_de_Gesvres                                   porche_Petits_Champs 

Les porches des deux entrées principales sont couronnés d'une marquise de qualité.

IMG_9107 copieCoupe et développé du passage.

Verriere cour hotel de Gesvre 2013     Verriere vue dos hoteldeGesvres-2013     Verriere vue dos rue Petits-Champs-2013     Verriere sortie Petits-Champs-2013

marquise Petits-Champs-2013                marquise St-Augustin-2013

Le passage est doté d'une verrière à double pente rénovée en 1981 et en renovation depuis 2009. Les verrières et les marquises rénovées ont été inaugurées le 25 juin 2013.

Reglement_interieur               Reglement interieur au 83

A l’entrée, rue Saint-Augustin, à droite se trouve affiché le règlement intérieur du passage. Il en existait un autre au n°83 mais il a été retiré en 2013.
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L'histoire du passage est liée à la littérature et au théâtre.

Anatole-FRANCEPortrait-Sully PrudhommeAu 23 la librairie religieuse Percepied fut acheté, en 1863, par son commis Alphonse Lemerre qui, aidé par sa femme, modiste dans le passage, la transforma en maison d'édition.  En 1864, il publia les premiers poèmes de Verlaine. Il publia  les œuvres des poètes Parnassiens dont « Le Parnasse Contemporain » qui est leur manifeste et l'illustration de l'école poétique dite parnassienne qui défendait le lyrisme impersonnel et la théorie de l'art pour l'art. C'est une œuvre collective que Lemerre édita de 1866 à 1876 au fur et à mesure de sa livraison. Sully Prud'homme, premier prix Nobel de littérature en 1901, y participa. En 1867, Anatole France fait partie du groupe des Parnassiens. A partir de cette date il travaillera à la librairie jusqu'en  1876. Il était chargé de relire les épreuves des ouvrages et de veiller à leur fabrication. Il rédigea également de nombreuses préfaces pour des classiques comme Molière. En 1876 Lemerre lui publiera « Les Noces Corinthiennes ». (Prix Nobel de littérature en 1921). La maison fermera en 1965.
Actuellement se trouve l’atelier peinture sculpture Anna Stein

celine

En 1899 Marguerite Destouches, la mère de Louis Ferdinand Céline, tenait, au 67, un fond « d'objets de curiosité ».  En 1904 elle déménagea au 64 ou elle se spécialisa dans la vente de lingerie de luxe, de dentelles et d'objets anciens. Céline raconte son enfance dans Mort à crédit ou il décrit le passage de Choiseul sous le nom de passage des Bérésinas.
Le 64 est occupé, actuellement, par le magasin de prêt-à-porter Morgane.

 

 

Allan_Kardec_portrait001


Allan Kardec, auteur de recueils pédagogiques et codificateur du spiritisme, de son vrai non Hyppolyte Léon Denizard Rivail a habité passage Sainte-Anne où il est mort le 31-3-1869, à l’âge de 65 ans, d’une rupture d’un anévrisme.

 

 

Bouffes_Parisiens               Sortie_de_servce_Bouffes_Parisiens

Obligé de quitter le passage des Panoramas, Louis Comte fit construire par Brunneton et Allard  une salle sous le nom de « Théâtre des Jeunes Elèves de M. Comte » qui fut inauguré le 23-1-1827 avec accès passage Choiseul et rue Neuve Ventadour (future rue Monsigny). Un décret de 1846 interdisant d'engager aux théâtres des enfants de moins de 15 ans, Comte fut obligé de modifié son spectacle et son théâtre périclitât. Offenbach obtint le 15-6-1855 le privilège de l'exploiter. Agrandi et superbement décoré par Ballu, il prit le nom de Bouffes Parisiens. Il fut inauguré le 29-12-1855. Offenbach dirigea 7 ans ce théâtre et aimait y entrer par le n°73 du passage. Le théâtre fut démoli et reconstruit sur place par Theodore Charpentier en 1863 en plus grand (1100 places). Il a été restauré en 1879 et remis à neuf en 1918. On peut penser que c’est à cette date que l’entrée passage de Choiseul a été déplacée  aux n°63 à 67. Il a été rénové en 1960. Il contient, actuellement, 600 places. Jean Claude Brialy le dirigea de 1986 à sa mort en 2007.

porche_Dalayrac          Ex_Theatre_Italien_vu_sortie_Dalayrac          Facade_du_batiment

Face au 46 se trouve une sortie donnant dans la rue Dalayrac. Cette sortie n'est mentionnée nulle part. Face à la sortie se trouve un bâtiment qui, dans sa totalité, était le théâtre construit par les architectes Huvé et Guerchy. Il faisait 1700 places. Sa façade fait face à la rue Méhul. L'Opéra Comique l’inaugura le 20-4-1829 et le théâtre prit le nom de salle Ventadour. Il l’occupa jusqu’au 22-9-1832. Il prit, en 1833, le nom de Théâtre Nautique mais l’entreprise eut peu de succès. Apres l’incendie de la salle Favart dans la nuit du 13 au 14 janvier 1838 les artistes italiens y donnèrent quelques représentations. Le 8-11-1838 il prend le nom de théâtre de la Renaissance mais le succès n’est toujours pas au rendez-vous. En octobre 1841 les Italiens occupent de nouveau la salle. Le théâtre devient un lieu à la mode et il est de bon ton d’y avoir une loge. La prudence de Louis-Philippe avait exigé la construction entre le théâtre et le passage de Choiseul d'un souterrain qui a été retrouvé peu avant 1900. En effet le 28-7-1835, pour l'anniversaire de la révolution de Juillet, Louis-Philippe passe en revue la garde nationale sur les grands boulevards. A la hauteur du 50 boulevard du Temple la machine infernale déclenchée par Fieschi explose. Miraculeusement, le roi n'a qu'une éraflure au front tandis qu'il y a 19 morts dont le maréchal Mortier et 42 blessés. En 1870 le théâtre ferme pour cause de guerre et est transformé en ambulance. Les italiens l'occupèrent de nouveau en 1872. En 1878 il était bien délaissé lorsqu'il fut acheté par la banque d'escompte qui le revendit en 1892 à la Banque de France. Actuellement le bâtiment est occupé par les services sociaux de la Banque de France.

Le passage profitait de la clientèle des théâtres et leur servait de promenoir pendant les entractes.

Les magasins longeant la rue Dalayrac ont une sortie donnant sur cette voie mais elle est le plus souvent condamnée

.Lavrut magasin 01          Magasin_Lavrut          magasin_Lavrut

Boisnard-DSCN0399 copie          Boisnard-DSCN0401          Boisnard-DSCN0402

Au 52 Lavrut, papeterie d’art et spécialiste des couleurs, y est installé depuis 1922. Le magasin empiète sur le passage Sainte-Anne ou il utilise des réduits pour mettre ses réserves qui le rétrécissent. A son apogée le magasin occupait une bonne partie du passage. En particulier, deux boutiques dont une inscription, sur une poutre transversale, l’atteste encore aujourd’hui. Les boutiques étaient occupées par Libria, magasin de vente de livres neufs à prix réduits et de livres d’occasion jusqu’a 2012. Le graveur Boisnard déménage du 83 pour ouvrir ses portes au 82 le 14-1-2013. Installé dans le passage depuis 1920 c’est la plus vieille enseigne. C’est un retour au source car le graveur fait partie du groupe Lavrut. Celui-ci avec le groupe Les Papeteries Réaumur ont créés, en 2011, le groupe Elli pour devenir le n°1 de la papeterie en Ile-de-France..

En 1970 le couturier Kenzo Takada ouvrit sa première boutique, Jungle Jap, dans le passage avant de s'installer, six ans plus tard, place des Victoires.

Aujourd'hui il est principalement occupé par des magasins de modes et des restaurants et est tributaire des heures de bureaux.

 

Le passage de Choiseul à un siècle de distance.

1907                                 2009 

passage_choiseuil_hotel_de_gesvres_1907         passage_Choiseul

passage_choiseuil_1907         Passage_Choiseuil03

Passage_Choiseul_rue_des_Petits_Champs_1907          Passage_de_Choiseul_rue_des_Petits_Champs_2008

  passage_ste_anne_1907        passage_Ste_Anne

 

 

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Posté par jchavy à 17:39 - Commentaires [2] - Permalien [#]